Jules Wizniak – Chargé de mission
Ministère en charge de la transition écologique
Direction de l’eau et de la biodiversité
Sous-direction de la protection et de la gestion de l’eau, des ressources minérales et des écosystèmes aquatiques
Bureau de la ressource en eau, des milieux aquatiques et de la pêche en eau douce

(témoignage issu du dossier « Le pôle « recherche et développement » MIAME : la science en appui à la gestion des poissons migrateurs amphihalins » – 2025)

Quels sont les enjeux de la gestion des migrateurs amphihalins pour la DEB ?

La gestion des populations de saumons, anguilles, aloses ou lamproies représente un enjeu central pour la sous-direction « eaux douces » de la DEB. Le ministère travaille à la sauvegarde de ces migrateurs amphihalins en déclin dans une approche intégrée de la préservation des écosystèmes aquatiques. L’enjeu est à la fois écologique et réglementaire. Il s’agit de restaurer les habitats, assurer la continuité écologique des cours d’eau et adapter les pratiques face au dérèglement climatique, mais également d’encadrer la pêche professionnelle et de loisir, notamment par des arrêtés cosignés entre la DGAMPA et la DEB. Nous sommes en effet interdépendants puisque ces espèces migratrices sont pêchées en mer ainsi qu’en eau douce.

Comment s’organise cette gestion avec les pêcheurs ?

La gestion des migrateurs amphihalins est construite dans une logique de concertation, notamment à travers les comités de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI), en place depuis 1994. Ces lieux d’échanges permettent une déclinaison locale des grands axes nationaux, sous l’autorité des préfets, à travers des plans de gestion des migrateurs amphihalins. Par exemple, les décisions d’arrêt de la pêche au saumon en 2025 dans les bassins de Bretagne, d’Adour-Garonne et de Seine-Normandie sont ainsi prises localement, sans nécessiter d’arrêté ministériel. Cela permet d’impliquer les pêcheurs dans les processus, en tenant compte de la réalité de chaque territoire. L’équilibre entre activités économiques et enjeux environnementaux fait également l’objet d’une concertation intense entre la DGAMPA, la DEB, et les représentants de la pêche professionnelle.

Comment la recherche accompagne-t-elle le travail de la DEB ?

Le pôle MIAME est un partenaire clé de l’action publique et intervient à titre consultatif. Il fournit des expertises scientifiques indispensables à la prise de décision, notamment sur le suivi des captures, la dynamique des populations et les évaluations d’impact. Par exemple, le pôle contribue à définir les quotas pour la pêche de la civelle dans le cadre du règlement européen de 2007, ainsi qu’à l’évaluation des repeuplements de migrateurs amphihalins dans les cours d’eau. De plus, le pôle MIAME appuie la DEB sur des sujets émergents comme le changement climatique, la prédation par le silure, ou encore la qualité de l’eau. La DEB accorde une grande confiance à l’expertise scientifique, surtout dans un contexte où les causes de la régression des amphihalins sont multifactorielles et complexes. La recherche permet ainsi de préciser les responsabilités du ministère et de prioriser les actions à mener.

Découvrez notre dossier thématique

Le pôle « recherche et développement » MIAME : la science en appui à la gestion des poissons migrateurs amphihalins

Le pôle recherche et développement MIAME a été créé en 2013 par l’Office français de la Biodiversité (OFB, à l’époque Onema) et INRAE (à l’époque INRA) afin d’appuyer les ministères dans leurs politiques de gestion des poissons migrateurs amphihalins. Ce dossier présente les enjeux de la protection de ces espèces ainsi qu’une revue de leurs politiques de gestion. Il présente ensuite une sélection des récentes productions scientifiques et actions d’appui aux politiques publiques du pôle MIAME, essentiellement tirée du numéro spécial de la revue Science, Eaux et Territoires (2025) sur les activités du pôle.

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