Bug To School – « École Buissonnante »
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La recherche en faveur de la biodiversité urbaine
La Métropole Nice Côte d’Azur a engagé un programme de revégétalisation de 90 cours d’école sur son territoire, pour lutter contre les îlots de chaleur urbains et s’adapter au changement climatique. Remettre de la nature en ville répond à plusieurs enjeux : qualité de l’air, régulation du cycle de l’eau, mais aussi cadre de vie et lien social.
Porté par Élodie Vercken (Institut Sophia Agrobiotech, INRAE), en partenariat avec la Métropole, l’ARBE PACA et les écoles concernées, ce projet étudie depuis 2024 les dynamiques de repeuplement des insectes et arthropodes dans 18 cours d’école aménagées entre 2021 et 2023.
Deux questions guident l’étude :
- Ces espaces peuvent-ils reconstituer des communautés d’insectes diversifiées, comparables à celles des parcs et jardins urbains plus anciens – et à quel rythme ?
- Et quels aménagements maximisent leur potentiel écologique ?
Ce que montrent les premiers résultats
Le choix des végétaux est le premier levier identifié. De nombreux insectes se nourrissent directement des plantes (herbivores, piqueurs, pollinisateurs), ce qui rend déterminant le choix des espèces plantées. Or les espèces exotiques sont très répandues à Nice, liées à une tradition ancienne d’acclimatation – alors que les insectes locaux ne peuvent pas toujours s’en nourrir. Parmi les dix espèces les plus fréquemment retrouvées dans les cours d’école, le pistachier lentisque et le laurier sauce (méditerranéens) se révèlent très favorables, quand des espèces exotiques comme le Feijoa ou le Bambou sacré le sont beaucoup moins.
Les fleurs jouent également un rôle clé pour les pollinisateurs (papillons, abeilles, bourdons), en particulier lorsque les floraisons s’étalent sur toute la saison – certaines espèces exotiques à floraison abondante peuvent d’ailleurs être intéressantes à ce titre.
Enfin, une gestion extensive favorise le développement du couvert végétal, et donc la biodiversité : arrosage fiable en goutte-à-goutte, taille limitée à une intervention par an maximum. La végétation herbacée spontanée (les « mauvaises herbes ») a aussi son intérêt : ses fleurs attirent les pollinisateurs et sa présence bénéficie à la biodiversité des organismes du sol – d’où la recommandation d’éviter les copeaux de bois au sol et de limiter l’entretien au strict nécessaire.
Le projet a montré également que les cours revégétalisées contribuent à certains services écosystémiques (pollinisation, régulation des herbivores, décomposition de la matière organique du sol). Deux principaux leviers d’aménagement ont été identifiés comme affectant l’intensité de ces services : la surface des zones végétalisées favorisant une pollinisation et une régulation plus efficace ; la présence de végétation herbacée spontanée, favorisant les services de régulation et de décomposition.
Ainsi, les cours d’école revégétalisées peuvent accueillir une biodiversité importante et contribuer aux services écosystémiques rendus par la trame verte – à condition d’aménager des surfaces suffisantes, d’intégrer dès la conception le choix des espèces en priorisant les espèces méditerranéennes, et de mettre en place les modalités de gestion les plus favorables.
Un projet participatif et ouvert sur la société
Le projet associe chercheurs, services de la collectivité (Environnement, Espaces Verts, Éducation), enseignants et élèves à sa conception et sa mise en œuvre. Le projet mobilise également une dimension interdisciplinaire en explorant comment se construit le rapport à la nature des élèves, et si l’accès à la biodiversité de proximité y contribue. Enseignants et élèves ont ainsi pris part à une enquête sur leur sensibilité aux insectes, les activités qu’ils font dans la nature, et leurs préférences en matière d’aménagements paysagers.
Enfin, ce projet s’inscrit dans une démarche de dialogue science-société, avec le développement d’une diversité de supports de communication et de médiation (des ateliers, une bande dessinée, un jeu) permettant à un large public de s’approprier les enjeux et les résultats du projet.
Découvrez le département SPE
Partenaires : Université Côte d’Azur-OTECCA-MSH, Métropole Nice-Côte d’Azur (Direction de l’environnement, Direction de l’Education, Direction des Espaces Verts)
Unités : UR ISA

