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Connaître la vulnérabilité des essences forestières pour mieux appréhender le risque incendie
Le changement climatique transforme en profondeur le risque incendie en France. Les modèles sont clairs : les surfaces brûlées devraient augmenter d’un quart d’ici 2030 par rapport à la période 2001-2020, tandis que la saison propice aux feux s’étend progressivement, débordant des zones traditionnellement exposées vers de nouveaux territoires — jusque dans le Centre-Val de Loire ou en altitude dans les massifs alpins et pyrénéens.
Dans ce contexte, mieux comprendre ce qui rend un peuplement forestier plus ou moins vulnérable au feu devient une nécessité pour les gestionnaires. C’est l’objectif du projet VULNEFEU, porté par des chercheurs d’INRAE (unités URFM à Avignon et LESSEM à Grenoble), en collaboration avec l’ONF, le Département de la Santé des Forêts et l’unité ETTIS d’INRAE à Bordeaux, dans le cadre du programme AFORCE.
Une définition en trois volets
Le projet s’appuie sur une définition de la vulnérabilité forestière en trois composantes :
- la combustibilité d’un peuplement, c’est-à -dire la facilité avec laquelle il s’enflamme et la quantité d’énergie libérée,
- sa résistance, soit la capacité des arbres à survivre à un incendie,
- et sa résilience, ou l’aptitude des forêts à se régénérer après avoir été endommagées.
Cette décomposition permet d’affiner l’analyse du risque selon l’échelle considérée — celle de l’arbre individuel ou celle du peuplement dans son ensemble.
De la compréhension du feu à la gestion préventive
L’équipe a mobilisé publications scientifiques, rapports techniques et avis d’experts pour couvrir l’ensemble de la chaîne de compréhension du risque : l’évolution récente des incendies en France, les mécanismes du comportement du feu, la réponse des différentes essences forestières face aux flammes, puis les stratégies de gestion préventive.
Sur ce dernier point, le projet distingue deux grandes approches de sylviculture préventive : le renfort des dispositifs de défense des forêts contre l’incendie (DFCI), et la recherche d’auto-résistance des peuplements, en l’absence d’intervention extérieure. Ces travaux ont notamment donné lieu à des fiches par essence. Conçues comme un outil pratique directement mobilisable par les gestionnaires forestiers, elles attribuent à chaque espèce forestière une note de combustibilité, de résistance et de résilience au feu.
Des connaissances encore incomplètes
Pour documenter la vulnérabilité des essences, l’équipe a mené une enquête auprès de vingt-huit experts de l’écologie du feu. Ce travail a aussi permis d’identifier ses propres limites : les connaissances actuelles restent largement concentrées sur les essences méditerranéennes, historiquement les plus exposées. Or le risque incendie progresse désormais vers le nord, exposant des essences tempérées beaucoup moins documentées face au feu. Combler ces lacunes fait partie des perspectives portées par l’équipe, au même titre que le développement de travaux sur la combustibilité des peuplements ou l’optimisation des stratégies de gestion préventive à l’échelle du paysage.
Partenaires : ONF, Département de la Santé des Forêts
Unités INRAE : UR URFM, UR LESSEM, UR ETTIS

