Expertise au service des politiques publiques : analyser la distorsion entre l’évaluation par les experts du risque de santé publique lié à l’alimentation et sa perception par les consommateurs

La sécurité sanitaire dans le secteur de l’alimentation est un enjeu de santé publique majeur. Or, ce sujet est difficile à appréhender pour la plupart des consommateurs. Le projet RisqueConso visait à comprendre et réduire la distorsion entre l’évaluation du risque par les experts et la perception du risque par les consommateurs, afin de restaurer la confiance et de favoriser une meilleure appropriation de la démarche d’évaluation du risque.

Du terrain à la communication

Le projet s’est articulé autour de 3 questions :

  • Quels risques le consommateur identifie-t-il dans son alimentation ? Une enquête auprès de 1000 répondants a permis de caractériser des profils et leurs perceptions face aux risques alimentaires.
  • Quels sont les risques réellement encourus, sur une base scientifique ? Les experts scientifiques ont construit une hiérarchisation des risques de plusieurs plats préparés en intégrant les dimensions microbiologiques, toxicologique et nutritionnelle.
  • Comment expliquer ce biais entre la perception du consommateur et la réalité scientifique ? L’organisation de focus groupes de consommateurs pour confronter les deux visions a permis d’identifier les fondements rationnels et irrationnels des perceptions.

Les recherches ont mis en évidence que certaines craintes alimentaires reposent davantage sur des représentations sociales, des croyances ou un manque d’information que sur les résultats de l’évaluation scientifique des risques.

Le partenariat avec l’INC (l’Institut National de la Consommation), via notamment 60 Millions de consommateurs, a donné la possibilité de travailler avec des consommateurs, mais également de diffuser les résultats de cette étude vers le grand publique et les décideurs publics comme le ministère en charge de l’alimentation.

Un plaidoyer pour des approches interdisciplinaires dans l’action publique

Le projet a mis en lumière la nécessité d’associer décideurs publics et consommateurs le plus en amont possible dans le traitement des questions de risque alimentaire et de dépasser les approches en silo — toxicologie, microbiologie, sociologie. Cette conviction a été reprise et prolongée dans le projet européen Holifood. Les enseignements du projet RisqueConso ont ainsi alimenté plusieurs publications scientifiques internationales récentes et continuent d’inspirer les travaux de l’unité SECALIM sur les approches multi-risques et les évaluations holistiques des risques alimentaires.

Partenaires : Institut national de la consommation

Unités INRAE : UMR SECALIM, UR ALISS, UMR PNCA, UMR TOXALIM

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