Cet été encore, la France a été frappée par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, avec des feux brûlant notamment plusieurs dizaine de milliers d’hectares dans différents secteurs du massif forestier des Landes de Gascogne. Une actualité qui rappelle, une nouvelle fois, l’urgence de mieux comprendre et anticiper ce risque — un enjeu sur lequel les scientifiques sont pleinement mobilisés.
Depuis les années 1990, l’indice qui mesure le danger météorologique d’incendie a augmenté d’environ 20% en France — pour moitié imputable au changement climatique d’origine anthropique. Les projections sont sans appel : d’ici la fin du siècle, le nombre de grands feux (>100 hectares) pourrait tripler dans le Sud-Est de la France, et la saison des incendies s’allonger de plusieurs semaines.
Face à ce constat, les pouvoirs publics ont besoin de connaissances actualisées pour adapter leurs stratégies de prévention et de gestion du risque incendie. C’est tout l’enjeu du projet VULNEFEU (programme AFORCE), porté par des chercheurs d’INRAE (URFM, LESSEM, ETTIS), de l’ONF et du Département de la Santé des Forêts, en appui aux politiques publiques de gestion forestière.
Le projet a notamment produit :
- Une analyse du comportement du feu et de ses facteurs : météo, topographie, combustible
- Un état des connaissances sur la réponse des essences forestières face au feu
- Des stratégies de sylviculture préventive, entre renfort des coupures de combustible et auto-résistance des peuplements
- Des « fiches essences » qui attribuent à chaque espèce forestière une note de combustibilité, de résistance et de résilience au feu – outil de référence pratique pour les gestionnaires forestiers
Un travail utile mais aussi lucide sur ses limites : les connaissances restent aujourd’hui concentrées sur les essences méditerranéennes, alors que le risque incendie progresse vers des essences tempérées beaucoup moins documentées.
En savoir plus :
Retrouvez le site du projet
Retrouvez le rapport complet et les fiches essence








